Il semblerait que mes flots de blabla s'autorégulent : après une certaine période de restriction dans l'exhibition de mes pensées, j'ai aujourd'hui envie d'écrire.

En philo, Mademoiselle nous a enseigné quelques notions, dont la liberté.

Je n'arrive pas à dire "Madame", ni à l'élever sur un piédestal comme "celle qui détient la connaissance" et "daignera peu-être m'en accorder une infime part". Non pas que j'aie ce genre de relations avec qui que ce soit, mais j'ai déjà eu l'occasion de me confronter à cette conception de l'enseignement et celle que je vis à présent lui est si profondément antagoniste, sans pour autant que je parvienne à la définir nettement, que seule l'évocation de son opposé m'apparaît comme un bon départ pour une description. Disons que Mademoiselle est profondément humaine et qu'elle respire cette humanité, qu'on l'entend dans sa voix, dans ses éclats de rire comme on le voit dans ses yeux et dans la ride qui creuse sont front.

C'est drôle d'ailleurs ce qu'une expression du visage peut révéler. Ici, c'est cette humanité puisqu'elle se creuse souvent à l'instant où elle veut nous faire comprendre quelque chose. C'est comme si son visage voulait s'agrandir, s'ouvrir plus grand qu'il n'est pour nous permettre de saisir l'ampleur de ses mots. Comme si elle était habitée par ce qu'elle voulait nous transmettre. C'est une belle ride, un beau trait, soucieux de l'autre. En ce qui me concerne, mes sourcils se froncent lorsque je suis en cours. C'est comme si mon front prenait de plein fouet tout ce qu'on me déversait et que ma tête s'inclinait dans un froncement de sourcil pour que "ça" ne s'écoulent pas sur mon visage. Mes lèvres sont ostensiblement closes et ma voix moins forte puisqu'on ne nous demande pas de parler mais de comprendre, d'absorber et d'enregistrer. Mais, les yeux, les miens comme les siens, sont alors grands ouverts, comme dans un étonnement renouvelé des merveilles du genre humain.

Les bêtes apprennent juste de quoi survivre, connaissent instinctivement leurs moyens de subsistance et de reproduction et au final, sont une copie presque fidèle de ce qui a existé avant et qui détermine ce qui existera après. C'est pourquoi, par "merveilles du genre humain" j'entends les possibles qui nous sont donnés de nous défaire de ce qui nous détermine, par la connaissance de nous même, de notre Histoire Commune, et par la possibilité que nous avons de choisir notre existence. La philosophie, à ce stade de mon apprentissage, m'apparaît comme l'outil majeur de ma propre liberté. Elle apporte une réponse indirectes à mes tiraillements, aux questions dites "existentielles" qui peuvent me traverser, simplement en reformulant le problème pour qu'il m'apparaissent soluble et dont l'essence serait toujours la sagesse. Mademoiselle est donc terriblement humaine et le rôle qui lui incombe est de faire de nous des personnes à part entière, douées de réflexion et de recul, capables de choisir leur devenir.

Hélas, nous ne sommes selon moi que des enfants. Au mieux, nous sommes passés du stade de "gosses" au stade de "gamins". Je voyais autrefois les lycéens comme des adultes, des personnes responsables et libres. Hier, j'ai parcouru mon lycée du regard pendant une matinée seulement. Non, décidément, non. Nous n'avons rien de mature, rien d'adulte. Nous ne nous respectons même pas, nos meurs n'ont pas évoluées. Enfant, nous avions peur du noir et de la solitude. Adolescent, nous faisons des nuits blanches et nous ne quittons plus notre groupe. Lorsque la "bande" naît, elle est rassurante, c'est une sorte de sécurité qui se met en place. On ne s'assume pas tout seul, on ne prend pas ses responsabilités, on ne décide pas par soi même. On suit l'avis du groupe, on appartient au groupe, on s'efface dans le groupe.

Avec délice, on se libère des questions qui nous taraudaient à l'échelle individuelle, notre existence se font dans le "tout" que forme le groupe. Et puis, on grandit, ou pas. Si cette nécessité qu'est la sécurité affective reste criante, alors nous restons les heureux esclaves du groupe. Mais des évènements, des prises de conscience ou de simples anecdotes peuvent aisément remettre en cause tout cela, du moins si on y consent. C'est mon cas. Le groupe peut devenir une contrainte, une source d'instabilité, un problème. Il ne le fera pas sans prévenir : la rupture correspond à une prise de conscience d'une différence entre la manière dont on veut exercer sa liberté et celle dont le groupe voudrait qu'on l'exerce. Ainsi, arrive un moment où la volonté du groupe devient si contraire à ma propre volonté que l'appartenance au groupe devient un poids. La perversion se trouve dans le fait que le groupe exerce alors une pression sur l'individu qui peut être destructrice & cette destruction entraînée par la pression du groupe se fait passée pour preuve que l'individu n'est pas heureux seul, que son tord a été de quitter le groupe. Le groupe, dans sa domination sur l'individu, ne permet pas que l'individu existe dans le groupe mais qu'il se fonde en lui. La liberté individuelle n'existe pas. Voilà pourquoi je rejette le groupe et pourquoi j'aime la philosophie.

Cependant, je sais pertinemment que ceux qui appartiennent au groupe feront une confusion que je vais à présent tenter d'éviter : je refuse le groupe, mais je ne refuse aucun d'entre vous. Je vous apprécie chacun dans votre individualité, les amitiés que nous avons tissées sont sources de bonheur. Mais l'idée de "groupe" m'est insupportable : je refuse de me plier à une volonté contraire à la mienne simplement en vertu du nombre. Mon comportement est souvent paradoxal : je tente de vous témoigner de l'affection mais je fuis et je me fais violence pour vous retrouver aux fêtes. Pourquoi ? Parce que je ne suis pas dans les mêmes rythmes que vous, je ne raisonne pas à la même échelle de temps, j'ai d'autres priorité. En fait, je n'ai pas la sensation d'appartenir au groupe. J'y suis étrangère, je ne partage pas ses valeurs. J'aime la spontanéité et j'ai l'impression que le groupe inhibe la liberté même des sentiments : ce sera le groupe, donc ce sera bien. Malheureusement, non, pas pour moi. Le groupe peut avoir de tristes ratés comme des moments de grand bonheur. C'est le groupe, donc on a tous tout le temps envie de se voir. Non, je suis quelqu'un de réfléchi qui a besoin de la solitude. J'ai aussi besoin de faire honneur à mes amis quand je suis avec eux, et pour moi cela implique de les faire rire, d'avoir plaisir à être là, etc. Si je sais que je serais préoccupée, je sais que je ne serais pas agréable, donc je n'ai pas envie de venir pour être désagréable. Mais le groupe ne comprend même pas ça ! Non, le groupe nous accepte tel qu'on est, l'important est d'intégrer le groupe et de ne jamais le quitter. Et bien je ne partage pas cette conception des choses.
( à finir )

# Online seit Samstag, 24. Oktober, 2009 um 06:49

Ce trimestre-ci, en cours d'anglais, on étudie l'immigration vers les USA au début du XXème siècle. On écrit que les Etats Unis sont, pour les immigrants, symbole d'espoir, d'une vie meilleur, du fameux "American Dream".



« A ce jour, 65 détenus sont passibles de poursuites selon le Pentagone. Treize procédures avaient été engagées avant le changement d'administration devant les commissions militaires. Les détenus concernés sont notamment les accusés des attentats du 11 septembre 2001. La Maison Blanche a exprimé des inquiétudes sur la possibilité de juger devant la justice criminelle fédérale un suspect tel que Khaled Cheikh Mohammed qui a été soumis au waterboarding (simulacre de noyade) à 183 reprises. »


Je vous avouerais que je prends soudainement conscience du monde dans lequel je vis.

# Online seit Samstag, 24. Oktober, 2009 um 05:17

" Le monde est toujours plus riche que ce que vous croyez. "

" Le monde est toujours plus riche que ce que vous croyez. "














Je suis capitaine & seul maître à bord.














[ En ce moment, je peux sentir mon destin effleurer mes doigts. Je crois que j'adore cette sensation. ]





Pour prolonger cet article et après une émission tout à fait intéressante sur la philosophie:
Vous sentez vous éduqués ? Vous sentez-vous autonome ?

# Online seit Mittwoch, 17. Juni, 2009 um 17:39

Geändert am Samstag, 29. August, 2009 um 10:40

Elle me disait qu'elle pensait être un peu trop romantique.

(& Elle était contagieuse.)

# Online seit Sonntag, 07. Juni, 2009 um 06:18